Joie de croire, joie de vivre – Introduction (1/2)

"Joie de croire, joie de vivre" est un recueil de conférences données par le père François Varillon sur les points majeurs de la foi chrétienne.

Une synthèse des principaux enseignements du père Varillon, organisée par chapitre, est proposée. Le lecteur pourra se référer aux billets suivants :

- Le Père François Varillon, introduction au livre Joie de croire, joie de vivre

Note : le texte qui suit se veut une synthèse fidèle du livre et, implicitement, les opinions, avis et discours tenus sont ceux de François Varillon. Le texte fera, le cas échéant, explicitement apparaître mes propres commentaires.

 

 

Introduction : Sens et non-sens

Une des questions fondamentales de la philosophie est la question suivante : pourquoi y-a-t-il quelque chose et non pas rien ? Selon son état de vie, selon certains moments, la question du sens de la vie se pose. Beaucoup de choses ont un sens : l'amitié, l'amour, le progrès économique et social, la justice. Il y a du sens partout mais il y a aussi du non-sens : telle jeune fille va mourir, en pleine force de l'âge ; ce père de famille de quatre enfants qui meurt d'un accident de la route ; un raz-de-marée qui tue et affame les populations touchées, etc. Tout cela est absurde, n'a pas de sens.

Le christianisme se présente comme une réponse à cette interrogation qui nous définit comme homme. Être chrétien, c'est croire à la réponse que Dieu donne en Jésus-Christ à cette interrogation humaine. Être chrétien, c'est pouvoir donner un deuxième sens, plus profond, à ce qui a déjà un sens (comme l'amitié ou l'amour), et c'est pouvoir donner un sens à ce qui n'en a pas.

F. Varillon insiste alors sur la rôle de la raison dans l'acte de foi. Tout acte humain, pour être humain, doit être justifié, y compris et surtout l'acte de croire. Il est normal que nous cherchions à comprendre ce à quoi nous croyons. Le douteur sincère n'érige pas la méfiance en principe, comme le fait le sceptique, il n'a pas non plus peur de s'engager car la foi n'est pas seulement une opinion, c'est aussi un engagement. Beaucoup de gens, actuellement, sont méfiants ou manquent de volonté. Pour sortir des deux inerties, il faut aller au bout de l'interrogation sur le sens ultime de l'existence humaine, c'est-à-dire chercher à dégager l'essentiel de la foi.

L'essentiel de l'essentiel

L'essentiel de l'essentiel tient tout entier dans cet adage qui est traditionnel dans l'Église depuis les premiers siècles (saint Irénée, évêque de Lyon, mort vers 200, aurait été le premier à l'avoir utilisé) : "Dieu s'est fait homme pour que l'homme soit fait Dieu" ou, si vous préférez : "Dieu est devenu homme pour que l'homme devienne Dieu". Si vous pensez que cette phrase est exagérée, c'est que vous n'avez pas accédé à l'essentiel de la foi. On rétorque souvent que c'est précisément le péché originel que de vouloir devenir Dieu. Oui, le péché originel est de prétendre par ses propres forces devenir ce qu'est Dieu. Mais ce qui n'est pas le péché originel, c'est d'accueillir le don inouï de notre propre divinisation.

Que serait l'Incarnation de Dieu, sans ce précepte, sinon qu'une visite de Dieu sur terre, comme on en voit dans les mythologies païennes ? Ces deux vérités sont corrélatives : l'incarnation de Dieu et la divinisation de l'homme. Le sens ultime de l'existence humaine est que nous sommes appelés à devenir Dieu.

Le Christ révèle qui est l'homme et qui est Dieu

Nous ne serons pas éternellement Dieu comme Dieu est Dieu, nous ne serons pas absolus, infinis comme Lui mais nous vivrons de la même Vie que Lui. Il faut donc savoir en quoi consiste cette Vie. Tout dans le christianisme a pour but unique de garantir ou d'authentifier la vérité de notre relation à Dieu. Pour que cette relation soit vraie, il faut connaître la vérité sur l'homme et la vérité sur Dieu. C'est le Christ, celui qui s'est fait homme pour que l'homme soit fait Dieu qui nous révèle qui est l'homme et qui est Dieu.

Qui est l'homme ?

L'homme est du divinisable. Pourquoi ? Parce qu'il y a un homme qui est Dieu, un homme pleinement homme. Sauf le péché. C'est précisément parce qu'il n'est pas pécheur que le Christ est pleinement homme. Si un homme est Dieu, c'est qu'il y a dans tous les hommes une capacité à devenir ce qu'est Dieu. Sans quoi, il faudrait dire que le Christ n'est pas vraiment un homme. Mais l'Eglise s'est battue pendant des siècles pour affirmer l'humanité du Christ. Le Christ réalise en perfection la définition même de l'homme : il est l'Homme et cet homme est Dieu. La vocation de l'homme est de "devenir par participation ce que Dieu est par nature". (G. Morel)

Qui est Dieu ?

Toute l'histoire de la Révélation est la conversion progressive d'un Dieu envisagé comme puissance à un Dieu adoré comme amour. Il est normal que l'homme ait considéré Dieu comme le Tout-Puissant face aux dangers du monde et à sa propre fragilité, cherchant spontanément une puissance qui le protège. Puis, peu à peu, c'est toute l'histoire de l'Ancien Testament, il y a eu une conversion d'un Dieu-puissance à un Dieu-amour, finalement révélé par Jésus.

Dieu n'est qu'Amour. Tout est dans le "NE QUE". Beaucoup de chrétiens disent que Dieu est tout-puissant puis ajoute qu'Il est amour, qu'Il nous aime. C'est faux ! La toute-puissance de Dieu est la toute-puissance de l'amour, c'est l'amour qui est tout-puissant ! En Dieu, il n'y a pas d'autre puissance que la puissance de l'amour. Jésus nous révèle la toute-puissance de l'amour en consentant à mourir pour nous. Au Jardin des Oliviers, Il aurait pu appeler des légions d'anges pour être libéré des soldats mais Il s'en est bien gardé car Il nous aurait révélé un faux Dieu, tout-puissant, au lieu de nous révéler le vrai Dieu, celui qui va jusqu'à mourir pour ceux qu'Il aime. La mort du Christ nous révèle ce qu'est la toute-puissance de Dieu : celle de l'amour.

De là se pose la question de ce qu'est l'amour. Aimer, c'est renoncer à vivre en soi, pour soi, par soi. L'amour est don et accueil. Et si Dieu n'est qu'amour, alors il est pauvre, dépendant et humble.

La pauvreté de Dieu

Lorsqu'un homme dit à sa femme : "Tu est tout pour moi, tu es toute ma joie", c'est une parole de pauvreté. Si c'est toi qui est tout, moi je ne suis rien. Hors de toi, je suis pauvre, ma richesse est en toi, ma richesse, c'est toi. Si cela est vrai dans l'amour humain, à combien plus forte raison quand il s'agit de Dieu ! Dieu est la Pauvreté Absolue, il n'y a pas de trace d'avoir ou de possession. La pauvreté matérielle de Bethléem et de Nazareth n'est que le signe d'une pauvreté beaucoup plus profonde.

La dépendance de Dieu

Aimer, c'est vouloir dépendre. Ce qui est vrai entre deux époux, ou entre une mère et son enfant, l'est encore plus de Dieu qui vit l'amour en plénitude. Si Dieu n'est qu'amour, il est le plus dépendant des êtres, il est un infini de dépendance.

L'humilité de Dieu

Dieu est humble parce que le véritable amour ne peut regarder de haut en bas. Quand Jésus lave les pieds de ses apôtres, il les regarde de bas en haut et c'est à ce moment-là qu'il nous dit qui est Dieu.

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Auteur: jibitou

Tout est dans la section « Qui suis-je ? »

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4 Commentaires

  1. Sono interessata a ricevere questo testo.Esiste una traduzione italiana?

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  2. Les tès nombreux dépressifs ont perdu toute capacité à aimer et ne pourront donc jamais connaitre Dieu

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