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Publié par le 24 mar, 2011 @ 22:48 | 2 commentaires

Éveilleur spirituel

Je viens d'achever la lecture d'un livre sur le père Varillon, intitulé François Varillon, éveilleur spirituel. Ce livre est de Claude Thélot et est publié aux Éditions de l'Atelier.

Ce livre est intéressant à plus d'un titre. D'abord, il faut reconnaître que le père Varillon n'est pas très connu dans le milieu catholique, ou du moins, si beaucoup le connaissent de nom, ils ne savent quasiment rien de ces écrits. Un livre sur ce jésuite peut donc permettre de mieux le faire connaître et je trouve que c'est une bonne chose, tant les apports de François Varillon me semblent importants. Mais au-delà de cet intérêt, il y a le livre en lui-même dont j'ai cru, en l'achetant, qu'il était une biographie de l'homme. Il n'en est rien, les éléments biographiques représentant une part minime du livre. Tant mieux car ce qui importe, c'est de connaître et comprendre l'enseignement proposé par Varillon.

Ce livre propose une analyse, presque un décryptage, de l'enseignement du père, au travers des divers ouvrages qu'il a rédigés ou qui ont été publiés à partir de ses cours et colloques. Car le père Varillon fut un théologien avant-gardiste, proposant de porter un regard nouveau sur Dieu et le Christ. Avant-gardiste ne veut pas dire moderniste. Je crois qu'on peut dire, comme le démontre l'auteur, que Varillon a toujours eu le soucis de l'orthodoxie, n'hésitant pas à soumettre certaines de ses idées ou intuitions à ses pairs pour être sûr de ne pas tomber dans une hérésie qu'il voulait écarter à tout prix.

Je n'entrerai pas ici dans les détails de l'analyse de l'oeuvre de François Varillon, ce que fait très bien Claude Thélot. On peut tout de même tenter de résumer son apport à la théologie par deux éléments majeurs, chacun ayant fait l'objet de deux livres publiés peu de temps avant son décès : il s'agit de L'Humilité de Dieu et de la Souffrance de Dieu.

On sait quel paradoxe il y a à présenter Dieu comme humble, c'est-à-dire loin de toute puissance avérée ou de le présenter comme souffrant. Je n'irai pas plus loin dans l'explication, sans me retrouver à paraphraser soit le père Varillon, soit Claude Thélot. Mais toute la démonstration du père Varillon tient dans la phrase que l'on trouve dans saint Jean : "Qui me voit, voit le Père"1. Jésus qui s'abaisse à laver les pieds de ses apôtres nous montre l'humilité de Dieu. Jésus qui demande le baptême à Jean le Baptiste fait aussi preuve d'humilité, Lui qui n'en avait pas besoin. Jésus qui souffre devant la mort de Lazare, qui pleure, qui est tant et tant de fois pris de compassion nous montre un Dieu qui souffre. D'ailleurs pourquoi Dieu ne souffrirait-il pas ? L'Amour que l'on porte aux autres saurait-il éviter la souffrance ? Aimer l'autre, l'aimer comme soi-même, veut aussi dire prendre part à sa souffrance. Finalement, si Dieu ne souffrait pas, cela voudrait dire qu'il y aurait un certain égoïsme de sa part, qu'Il se protégerait, qu'Il mettrait des limites à son Amour. Hors le Dieu de l'Ancien et du Nouveau Testament ne met aucune limite à son Amour. Aucune.

Je ne veux pas faire ici une critique du livre de Claude Thélot, cela dépasserait mes capacités. On peut d'ailleurs toujours ergoter sur tel ou tel point, cela a peu d'intérêt en réalité. Le travail fait est assez considérable, car Claude Thélot propose une analyse très complète de différentes singularités de l'enseignement de Varillon. J'ai, par exemple, beaucoup apprécié l'analyse concernant la place de la culture dans la foi du père Varillon, ou l'effort pédagogique – et parfois ses limites – dans le rôle de passeur qu'a été le père Varillon.

Ce livre présente donc une synthèse très complète pour qui veut découvrir ou approfondir les enseignements donnés par le père Varillon. C'est parfois ardu, parce qu'on manipule des notions qu'il faut mûrir, faire siennes, "ruminer". Mais on n'accède pas à la pensée d'un auteur tel que Varillon sans un effort minimum. Mais soyez sûr, grâce à la qualité de l'ouvrage et à l'esprit critique qui l'anime, que vous ne le regretterez pas. Et ce peut être une porte d'entrée vers les livres de François Varillon, sans doute un des objectifs de Claude Thélot.

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  1. Jn, 14, 9 []
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2 Commentaires

  1. Varillon est toujours actuel et comme vous le dites bien, la lecture de ses livres et l'ecoute de ses conférences (dispo ici : http://ame-boutique.com/fr/87-pere-francois-varillon, ca vaut l'achat des CD), apportent beaucoup pour avancer, surtout lorsqu'on n'a pas la foi "facile" et/ou qu'on est parfois plus un "doutant" qu'un "croyant". Sur ce livre de C.Thelot, une tres interessante interview est  dispos ici : http://www.gloria.tv/?media=275764. 

    bonne route à vous, et merci de faire connaitre Varillon sur le web. 

    PS: parmi les conferences de Varillon, je ne saurais trop vous recommander celle sur "la foi et le doute" qui m'a bcp aidé. dispo ici : http://ame-boutique.com/fr/vie-spirituelle/155-foi-doute-varillon-3700226503152.html

     

    • Merci pour votre message et pour les liens.

      A bientôt.

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