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Publié par le 11 déc, 2011 @ 12:08 | Aucun commentaire

Sur le concile Vatican II

Je m'interrogeais dans cet article sur le caractère dogmatique ou non du concile Vatican II. Non pas que cette question soit d'une importance extrême pour vivre sa foi, je m'intéresse pour ma part assez peu de savoir quel est le sexe des anges. J'ai tant à faire pour essayer de vivre l'Evangile !

Cependant, n'écartons pas l'importance de cette question puisque les discussions entre le Vatican et la FSSPX tournent autour de ce point. Hors justement, un des arguments principaux des lefevristes est que le concile Vatican II est un concile uniquement pastoral, qu'il n'a énoncé aucun dogme1, et donc que l'adhésion aux énoncés de ce concile est en quelque sorte facultative.

Une voix, dissonante, publiée dans l'Osservatore Romano, journal du Vatican, traite du sujet et dit à peu près le contraire de ce que dit la FSSPX. Ce texte est écrit par Mgr Ocáriz, vicaire général de la Prélature de l'Opus Dei. Il semble qu'il a participé lui-même aux discussions qui ont lieu depuis 2 ans entre le Vatican et la FSSPX.

En voici quelques extraits.

Tout d’abord, il ne semble pas inutile de rappeler que la visée pastorale du Concile ne signifie pas qu’il n’est pas doctrinal. Les perspectives pastorales se fondent, en effet, sur la doctrine, et il ne peut en être autrement.

Simple rappel de bon sens. L'Eglise n'a jamais énoncé autre chose que ce que les dogmes lui demandent de dire. On le lui reproche assez d'ailleurs, que ce soit sur le divorce ou la contraception.

Toutefois, le fait qu’un acte du Magistère de l’Église ne soit pas garanti par le charisme de l’infaillibilité ne signifie pas qu’il puisse être considéré comme « faillible », au sens où il transmettrait une « doctrine provisoire » ou encore des « opinions autorisées ».

C'est un des arguments que l'on lit souvent sur les forums tradis : puisque le Pape n'a pas engagé son infaillibilité, c'est donc qu'on peut faire fi de ce qu'il dit. Hors le dogme de l'infaillibilté n'a été promulgué qu'au Concile Vatican I (en 1870) : est-ce à dire que les conciles antérieurs ne valent rien ? Notons encore que l'infaillibilité n'a été invoquée qu'une seule fois pour définir le dogme de l'Assomption de la Vierge Marie en 1950.

Le Concile Vatican II doit non seulement être interprété à la lumière des documents magistériels précédents, mais certains de ces derniers sont également mieux compris à la lumière de Vatican II. Cela n’a rien de nouveau dans l’histoire de l’Église. Qu’on se rappelle, par exemple, que des notions importantes pour la formulation de la foi trinitaire et christologique utilisées au premier Concile de Nicée (hypóstasis, ousía) virent leur signification profonde précisée par les Conciles postérieurs.

Il est bon de rappeler certaines évidences : oui, l'enseignement de l'Eglise peut et doit s'interpréter à la lumière du passé, du présent et du futur. Rien n'est figé. Les situations politiques et sociétales sont aujourd'hui radicalement différentes de celles qui prévalaient il y a 500 ou 1000 ans. Remettre en perspective tel ou tel "dogme" ou enseignement est une nécessité intellectuelle et spirituelle. Mais c'est un chemin de foi.

 

Est-ce un signal que le Vatican vient d'envoyer à la FSSPX pour lui signifier qu'il y a des lignes à ne pas franchir ? C'est sans doute le cas. Gageons que la réponse des tradis ne se fera pas attendre. A suivre donc.

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  1. je ne suis pas historien, mais il me semble que tous les conciles précédents ont énoncé au moins un dogme []
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