Je n'ai jamais été un fan de Christine Boutin. Mais je n'ai jamais été contre non plus, considérant qu'elle défendait avec une certaine constance des valeurs auxquelles elle croit. Et comme ces valeurs sont à contre-courant de ce que pense la société et qu'elle se réclame du catholicisme, j'ai eu tendance à écouter plus attentivement ce qu'elle disait ces dernières semaines.
Je ne pense pas que j'aurais voté pour elle. Mais je ne l'excluais pas non plus, a priori.
Mais depuis hier, je suis dépité et même "en colère". Non pas tant parce qu'elle a décidé de rejoindre Nicolas Sarkozy. Ce n'est au fond une surprise pour personne, même si, un temps, elle a fait mine de vouloir peut-être rallier François Bayrou. Non pas tant parce qu'elle a abandonné son combat pour les 500 signatures qu'elle semblait vouloir poursuivre. Les consignes d'appareil (en clair de l'UMP) lui ont sans doute ôté tout espoir – sans compter que les sondages lui étaient particulièrement défavorables – de pouvoir rassembler suffisamment de promesses. Le savait-elle avant de se lancer sur la route de Compostelle ? Je l'imagine maintenant et j'y vois un dévoiement d'un symbole chrétien.
Je suis un grand naïf. J'ai cru que quelqu'un qui brandit sa foi aussi souvent, qui défend des valeurs dites chrétiennes, aurait une autre approche de la politique que la démonstration de ce ralliement nous montre.
Il y a quelques semaines, elle annonçait une "bombe atomique" sur Nicolas Sarkozy si elle n'obtenait pas ses signatures. Bon, c'était pour amuser la galerie, personne n'y croyait vraiment. Mais justement, elle, pétrie de valeurs autres, devait-elle tomber dans ce travers ? Ou bien, elle croyait à son combat, et je trouvais légitime qu'elle se donna les moyens d'y parvenir – la démocratie, disait-elle, est en jeu – ou bien, elle jouait un jeu, le jeu que tous jouent et qui n'a rien d'honorable.
Elle a donc décidé de rejoindre Nicolas Sarkozy. Pourquoi pas ? Pour faire gagner la France dit-elle. Je me souviens de ses multiples critiques contre la politique sécuritaire du gouvernement, notamment à l'égard des Roms. De son amertume quand elle a été congédiée du gouvernement. On imagine que des compensations, actées ou promises, ont dû bien vite amoindrir son sens critique et les désaccords.
Tout cela n'a pas beaucoup d'importance en réalité. Mais je suis un peu amer de constater que, finalement, Mme Boutin donne pleinement dans la politique politicienne alors que j'aurais aimé qu'une catholique revendiquée comme elle donnât un autre spectacle.


#1 par amblonyx à 21 février 2012 - 14 h 00 min
Citation
Je ne comprends pas très bien les tenants et aboutissant de votre article…
Par contre je pense qu'il est important que les Chrétiens s'engage en politique et que notre message est de faire avancer le monde et la société vers le bien commun. Et parfois cela implique de laiser certaine choses de coté pour un temps… Le pire étant pour moi de voir le minimum necessaire écarté parce que nous aurions été trop vite en besogne.
(Il faut absoluement que je travaille plus la DSE pour pouvoir mieux ancrer cette conviction et savoir hierarchiser ce qui doit être mis en place immédiatement et ce qui peut attendre (un peu).
Bonne Continuation
@mblonyx
#2 par jibitou à 21 février 2012 - 18 h 32 min
Citation
Bon, je n’ai pas été assez clair visiblement.
Je trouve évidemment bien que les chrétiens s’engagent en politique. Et comme vous, je veux connaître la Doctrine Sociale de l’Eglise, cela me permettra de mieux situer les uns et les autres.
Ce que j’ai voulu dire dans ce billet, c’est que j’attendais un autre comportement de celle qui se positionne aussi ouvertement par rapport à la religion catholique. Je suis souvent en phase avec ce qu’elle dit sur le fond. Mais sur la forme, son comportement ne vaut pas mieux qu’un autre. Etait-ce le seul moyen pour elle de défendre ses valeurs ? Peut-être. Mais cette tambouille politicienne me laisse un goût amer.
J’aurais pu aussi ajouter qu’il me semble qu’elle se rallie à Nicolas Sarkozy essentiellement sur 2 points : le refus du mariage gay, le refus de l’euthanasie. Ces sujets sont certes importants mais doivent-ils éluder tout le reste d’une politique, parfois dure et aux antipodes des valeurs chrétiennes ? C’est un des nombreux questionnements que j’ai (voir mon billet sur les 60 propositions de F. Hollande http://wp.me/pSbFg-pj)