Vous devez avoir entendu cette histoire assez étonnante concernant l’affaire Kalinka, du nom de cette jeune fille de 15 ans, tuée en 1982, et apparemment violée. Son beau-père a été accusé du meurtre et condamné par contumace en 1995 à 15 ans de réclusion. Il n’a jamais purgé sa peine. Le père de la jeune fille, André Bamberski, a organisé le rapt de l’accusé afin de le livrer à la justice française.
Quelle douleur que celle de ce père ! Comment peut-on vivre 27 ans avec cette blessure béante ? Perdre un enfant doit être assurément quelque chose d’atroce. Le perdre dans des conditions aussi horribles doit encore alourdir le fardeau. Mais, par dessus tout, vivre avec le sentiment que le coupable est impuni (de fait, il a été puni mais il n’a pas purgé sa peine) doit sans doute être intolérable.
J’ai entendu le père, ce matin, sur Europe 1. Il est évident, à l’entendre, que cet homme est rongé par la douleur et la haine. Il aurait pu aussi bien payer quelqu’un pour accomplir une basse besogne, assouvissant son désir de vengeance. Non. Il a, avant toute chose, un désir de justice. Et quand le journaliste lui a demandé s’il était prêt à pardonner, il a dit : « Non, je n’en suis pas encore là » (je cite de mémoire).
Quel dur travail que celui du pardon ! Jésus nous l’a non seulement enseigné mais indiqué comme la seule voie à suivre. Comment M. Bamberski, qui a dit qu’il était catholique pratiquant, peut entendre le « Priez pour vos ennemis ! » que Jésus nous a ordonné ? Sans doute, sa Foi lui a permis d’éviter de se faire justice lui-même et l’Evangile lui a probablement apporté une aide précieuse. Dieu permet-il de crier justice ? Oui, assurément, l’Ancien Testament nous en donne de multiples exemples. Jésus n’a d’ailleurs pas contredit cela : « Bienheureux ceux qui ont soif de Justice, ils seront rassasiés ». Mais Jésus nous a-t-il parlé de Justice terrestre ? Je comprends fort bien les sentiments qui animent ce père éploré : j’aurais sans doute les mêmes. Mais l’Evangile ne nous appelle-t-il pas à aller au-delà de ces sentiments, de cette haine qui ronge le corps et l’esprit ? La radicalité de l’Evangile est là : tenter d’atteindre ce qui nous parait si inhumain, tellement au-delà de nos forces qu’on a, forcément, la tentation de le rejeter.
« Moi mon seul but, c’est de pouvoir faire le deuil après que la justice pour Kadinka soit exécutée », a déclaré André Bamberski. Je lui souhaite de trouver la paix, cette paix de l’Esprit à laquelle nous sommes tous appelés.

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#1 par lamouroux à 13 décembre 2009 - 9 h 21 min
Citation
Je me suis posé la question du pardon, est ce que je suis vraiment dans le pardon? Est ce une fuite: une façon de refuser ce qui nous est arrivé! Est ce de l’égoïsme :garder une relation avec le meilleur ami de notre fils, une façon de garder son fils! Avec d’autres questions tout ça est balayé avant même d’être prononcé; je ne sais comment!
Pas plus tard qu’hier soir en échangeant avec une maman « Jonathan » je disais que le pardon était venu comme naturellement et je me faisais la remarque que c’est aussi le travail d’une vie, d’une éducation. Ce don au delà de notre soufrance, ce don au dessus d’une simple vision étroite de ma justice m’apporte l’amour et la paix
Chacun son but , nous c’est d’être dans l’amour et la paix et par ce malheureux accident nous découvrons la puissance de l’amour qui se donne.
michel